Du Lab au LabFab: interview d’un précurseur 1/2

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Du Lab au LabFab: interview d’un précurseur 1/2

L’open source hardware (OSH) va t il révolutioner la R&D ?

Grâce aux outils OSW et au labfab, Baptiste Gautier travaille tout aussi sérieusement qu’avant mais plus vite et avec plus de fun. Une petite révolution qui change la perception de son métier.

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Baptiste Gautier
Ulrich : Peux tu te présenter en quelques mots ?
Je suis  ingénieur à Telecom Bretagne depuis 5 ans. Au départ, je travaillais sur les réseaux véhiculaires puis les réseaux de capteurs. J’ai ensuite transposé peu à peu les technologies (wifi, bluetooth…) pour des usages « grand public ».
Ulrich : Comment es tu passé de la recherche « classique » au Labfab (Laboratoire de fabrication numérique) ?
C’est la rencontre de John Lejeune en juillet 2010 a amorcé ce changement. John était alors patron de hackable device, il m’a donné mon premier Arduino et m’a dit: « ça va réinventer votre recherche et changer la façon dont tu travailles »et pour le coup il avait raison. Arduino nous a permis de tester nos trucs très sérieux de recherche très rapidement. On fait la même chose qu’avant parce que l’écosystème Arduino est très modulaire et surtout cela nous permet de prototyper beaucoup plus vite qu’avant !
Ulrich : D’où vient l’idée du Labfab et pourquoi avez vous créé ce lieu ?
On a monté le Labfab pour les étudiants: les élèves ingénieurs peuvent faire de la techno pour le plaisir de faire de la techno, je voulais les amener à servir un objet et un usage. Améliorer la sécurité, le confort et la vie des gens c’est une bonne raison de faire de la technologie. Si en plus on arrive a les intéresser sur comment est construit la technologie et les éduquer sur leurs rapports à internet, c’est gagné. Au début, j’ai pensé les amener au hackerspace de Rennes mais mon directeur de l’école n’a pas partagé mon enthousiasme : « pas questions d’emmener les étudiants avec des hackers, tu fais ce que tu veux mais pour la formation c’est non, tu me trouves un endroit avec des normes de sécurité et la on reparle. »
On a alors commencé par des ateliers à la cantine numérique puis Erwan Mahé a ouvert un lieu à l’école des beaux arts pour les étudiants et le public. Le Labfab était né. C’ est un hacker space déguisé ou l’on peut accueillir le grand public.
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LabFab Rennes
Ulrich : Si j’ai bien compris, le LabFab répond à un besoin de fabriquer des choses ensemble. Et les entreprises? S’intéressent elles aux Labfab et aux makers ?
Ces écosystèmes ne se parlent pas. Il y a bien quelques exemples d’open innovation ou de grand groupes appuient des projets avec des makers mais il y a encore beaucoup d’incompréhension. Les grands groupes ne voient les makers que comme un marché ou une stratégie marketing.
Ulrich : C’est vrai que le mouvement maker brise l’idée que l’on peu se faire de la R&D, on peu t se demander s’il est possible de faire du business avec de l’open source ?
Aux Etats-Unis et en Italie, ça ne pose aucun problème, il n’y a pas cette barrière entre l’esprit hippie et l’argent. En France c’est une autre histoire. Aux Etats-Unis, il existe des labfab (techshop) ultra privés pour un public fortuné et cela ne pose aucun problème.
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Ulrich : Ce changement dans ta manière d’aborder ton métier d’enseignant et d’ingénieur a t il un impacte sur la manière dont tu gères tes projets maker et ton activité professionnelle ?
En ce moment le boulot c’est Noel tous les jours ! c’est fucking cool (NDLR: citation originale), tu fais ce que tu veux et t’es payé pour le faire. J’ai ramené du fun dans mon boulot. Tout ce que je peux faire, et veux faire (Lora Fabian, smart TB, Mooc) est encouragé par ma hiérarchie qui croit au changement de modèle. Plus tu tires, plus tu va essayer d’aller voir plus loin.
La deuxième partie de cet interview sera publiée la semaine prochaine: Baptiste a également contribué au projet « la boite » de la conception à la commercialisation via une campagne de crowdfunding. Il est également coordinateur du MOOC « fabrication numérique » dont la première session a réuni 12000 étudiants sur la plateforme France Université Numérique.
Credit Photo :
Arduino par Nicholas Zambetti – http://www.arduino.cc/